L’art du bronzage au purgatoire

leonard de vinci homme de vitruveSelon certains experts et historiens de l’Art, le modèle de Léonard de Vinci pour son dessin, l’homme de Vitruve, serait en fait l’auteur du mystérieux bréviaire « L’art du bronzage au purgatoire ».
Ce livre n’a jamais eu qu’un seul exemplaire manuscrit et serait la propriété de la Reine d’Angleterre avec la plupart des manuscrits du plus célèbre artiste de tous les temps.
Personne ne sait rien de cet homme qui posa pour le peintre, en dépit des nombreuses recherches. Ni sa date de naissance, ni même son nom, encore moins un quelconque élément de sa biographie.

Pourtant, il aurait bouleversé le monde par sa remise en cause des dogmes religieux, esthétiques et moraux de son temps, préfigurant d’une manière fulgurante les grands mouvements intellectuels de notre époque. A tel point qu’un cercle restreint d’admirateurs s’est formé très tôt après sa mort. Un cercle secret, constitué de penseurs, d’artistes et de personnages politiques de premier plan, cercle qui perdure encore dans les plus hautes sphères.

Inspirés par son œuvre, ils agissent dans l’ombre pour diffuser ses préceptes de bouches à oreilles puisque personne n’a vraiment lu son livre.
Selon cette tradition orale donc, « L’art du bronzage au purgatoire » est un ouvrage philosophique qui attribut à l’existence un unique sens : Bronzer.
Le dessin de Vinci reproduit fidèlement la tenue et la position parfaite selon cet auteur pour obtenir un hâle uniforme, en écartant plus ou moins les membres en fonction du degré d’ensoleillement. Vous ne manquerez pas aussi de remarquer qu’il faisait l’apologie du bronzage intégral.
Les durées idéales, ainsi que l’horaire d’une exposition minimale journalière, calculés avec une rigueur phénoménale en fonction de votre situation géographique, de la saison, des caprices de la météo et de votre pigmentation naturelle, seraient transcrites à la plume et au jus de citron, ainsi qu’à l’envers au dos de ce dessin, de la main même du modèle, afin d’apparaitre à la flamme d’une bougie et ne pouvoir être lu que dans un miroir. Technique innovante que le peintre s’est empressé de copier pour ses correspondances privées. Des disciples Vitruviens ont même été jusqu’à suggérer que Léonard aurait volé la plupart de ses célèbres inventions prophétiques, en particulier ses engins volants, à leur maitre. Ceux ci devant lui permettre de s’approcher plus près du soleil pour bronzer plus vite et plus fort.
A une époque ou la moindre rougeur sur la nuque était le signe infamant de la plèbe, de la paysannerie, et la blancheur celui de la noblesse, cette conception sulfureuse, provocatrice, aurait pu lui valoir le bûcher … Or si toute sa démarche et sa recherche spirituelle fut de dorer son épiderme, c’était bien entendu uniquement par une exposition prolongée aux rayons de notre astre et non aux flammes.
Sa théorie mystique, blasphématoire en son temps, lui vint sur une plage en été comme une fulgurance, une vision d’autant plus aveuglante que les lunettes de soleil n’avaient hélas pas encore été inventé. Sans trahir le fond de sa pensée, nous pouvons la condenser en disant que selon lui, notre séjour sur Terre représentait le purgatoire. La vie devait  nous permettre d’éprouver notre sagesse avant d’être accueilli au paradis ou de brûler dans un brasier éternel et satanique. Or, la sagesse n’est elle pas de se préparer au pire ? Donc d’habituer son corps et sa peau à rôtir lentement…
L’homme de Vitruve mourut d’ailleurs d’une insolation, en martyre de sa cause.
Je citerais quelques auteurs qui, selon des sources avisées, font ou ont fait partie de ce cercle vitruvien :
– Descartes, dont la formule fameuse, « cogito ergo sum » (Je pense donc je suis) ne serait en fait qu’un prolongement de la devise de son inspirateur : « Je bronze donc je ne pense plus.« 
page9-160px-Chamfort_-_Pensées,_Maximes,_Anecdotes,_Dialogues,_éd._Stahl.djvu
– Chamfort ensuite, non pas alain, le chanteur populaire, encore que ses chansons peuvent parfaitement se fredonner étendu sur une chaise longue en se badigeonnant de crème, mais le journaliste et moraliste du dix-huitième siècle, sébastien-Roch Nicolas de son vrai nom, auteur à l’existence aussi mystérieuse et tragique que notre fameux prophète. Il  lui aurait rendu hommage dans l’un des aphorismes du recueil de ses « maximes et pensées », :
« Il faut que le cœur se brise ou se bronze. »
– L’équipe du Splendide enfin, qui parsème de nombreuses allusions à ce texte, aussi essentiel que méconnu de notre civilisation, le tryptique cinématographique de Patrice Leconte : « Les Bronzés ».  Cela me permet du moins de laisser le mot de la fin à l’un de ses personnages :
« Je sens que ce soir, je vais conclure.« 
copyright
Publicités

Publié par

Francis Palluau

Scénariste, auteur, réalisateur, professeur, consultant touriste sédentaire.

6 réflexions au sujet de « L’art du bronzage au purgatoire »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s