Sizif aux toilettes

Les aventures tout à fait ordinaires d’un homme tout à fait banal…

Cette fois, j’ai eu beaucoup de mal à obtenir des confidences de Sizif. Quand je suis passé le voir pour discuter de ses besoins naturels, pourtant aussi vitaux que banals, il s’est enfermé dans ses toilettes et refusait d’en sortir. Je suis occupé, répondait il à travers la porte. Et il tirait la chasse pour évacuer mes questions.

Qui se confie sans gène sur ce sujet, hormis à son médecin ? Et encore, d’une voix embarrassée. Même le plus loquace d’entre nous ne s’étendra guère sur les velléités de sa vessie, à fortiori sur les prouesses de ses sphincters. Sous forme de boutades à la rigueur entre collègues, d’expressions dont la pesanteur n’a d’égale que la trivialité, comme des flatulences de l’esprit. Plus rarement sur le mode de la conversation courtoise ou de la confession amicale. On confesse plus volontiers nos histoires de fesses que de fèces.

toilettesHF
Test de pissotières pour femmes.

 Et pourtant, cette activité discrète, solitaire, voire honteuse pour certains… n’est-ce pas l’une des premières preuves d’amour qui soit ? L’une des préoccupations majeures des parents pour leur nouveau-né ?

Sizif a fini par ouvrir le loquet et par me sourire. Oui, une preuve d’amour. Il a changé les couches de ses enfants, s’est inquiété parfois de la teinte de leurs excréments, s’est réjoui de leur consistance moelleuse. Sans dégout, Sizif a aussi nettoyé sa propre mère mortifiée des coulées de matières fécales lorsqu’elle était alitée, trop affaiblie et âgée.

D’où nous vient alors cette réticence ? Serait-ce notre part animale la plus flagrante que l’on tient à distance, que l’on évacue, en silence si possible, dans ce lieu exigu qui n’a d’aisance que le nom ? Serait-ce surtout que notre cerveau reptilien nous alerte, que nos intestins déclenchent notre instinct ? Car enfin, nous sommes particulièrement vulnérable durant ce moment crucial. Livré à nos besoins, accroupis, nous voici désarmés, dans l’incapacité de faire face à l’imprévu, de bondir et de fuir devant le danger, proie facile face au prédateur dans la savane comme dans nos villes.

JurassicWC
Quand le T.Rex tire la chasse.

En privé, Sizif se sent assez à l’aise à la selle.

En général, comme dans ce cas précis, il est d’une ponctualité irréprochable. On ne fait jamais aussi bien que chez soi, c’est entendu. On y a ses habitudes. Méditer, feuilleter la rubrique potins de star ou terminer le chapitre du roman en court. Se presser ou prendre son temps, se délivrer à son rythme sans crainte d’être entendu ou interrompu. Suzon en oublie même souvent de fermer la porte, sans que Sizif ne s’en offusque. Surprendre sa femme dans cette posture socialement inconvenante n’est pas pour lui déplaire. Cette marque d’intimité, qui n’entrave en rien son désir ni n’amoindrit son mystère ni son charme, il la reçoit au contraire comme un gage de confiance et d’estime.

Au café, dans un restaurant ou sur son lieu de travail, Olympia Land, Sizif se montre plus circonspect. Non seulement en regard de la propreté, souvent discutable, mais aussi de la promiscuité. Pisser en compagnie  d’inconnus ou entrer dans une cabine sans connaitre celui qui l’a précédé, freine son relâchement, gâche son plaisir en quelque sorte. Car ne nous le cachons pas plus longtemps, il y a une forme de volupté à se soulager. En revanche, il apprécie de pouvoir arroser un arbre dans une forêt, sans craindre que son jet ne dévie de sa trajectoire pour sortir des limites d’une lunette. Il se souvient aussi avec amusement de longs voyages en voiture dans son enfance durant lequel ses parents s’arrêtaient sur le bas-côté d’une nationale quand l’urgence se faisait sentir. C’était avant les autoroutes et les aires de repos. Sa mère ouvrait les deux portières de l’Aronde, pour faire office de paravents, avant de baisser sa culotte et de s’accroupir.

àlaclairefontaine
œuvre d’Elsa Sahal, fontaine en céramique représentant un sexe féminin,  dans la cour intérieur du musée de la maison rouge, à Bastille, Paris

Sa mère lui avait conseillé également, quand quelqu’un l’impressionnait, de l’imaginer dans cette situation et cette attitude, pantalon et slip aux mollets. Cela lui a souvent servi… Pour son entretien d’embauche par exemple ou avec son banquier.

Soucieux de votre bien être, Sizif m’a demandé avant que nous nous quittions de vous soumettre un article de journal qu’il a lu dans les toilettes d’un médecin, sur la position idéale à tenir sur une cuvette. A découvrir ici.

Il est ainsi Sizif.

Capture d’écran 2016-01-02 à 21.10.07

« Il faut imaginer Sisyphe heureux » Albert Camus

Photo à la une de l’article : œuvre en faïence émaillée de Robert Arneson intitulée « american standard », exposée au musée de la Maison rouge, sur le boulevard de la Bastille, à Paris. Exposition « Ceramix », à laquelle je suis allé, que je vous conseille et qui sera le sujet de mon prochain article…

Sizif bureau
Pour lire ou relire les épisodes précédents, cliquez sur l’image

Vous pouvez également retrouver Sizif sur sa page Facebook, même si vous n’avez pas de compte, pour en découvrir plus sur lui, échanger, commenter, partager, liker… tout nu ou habillé, en cliquant sur le lien ci-dessous.

Sizif au jour le jour.

Vous y trouverez des ajouts à cet article, bande annonce, citations, GIF, dont l’un est un cadeau réalisé par ‘vy (Blog : les oiseaux dans le bocal) que nous remercions vivement ici tous les deux !

Publicités

Publié par

Francis Palluau

Scénariste, auteur, réalisateur, professeur, consultant touriste sédentaire.

48 réflexions au sujet de “Sizif aux toilettes”

  1. Voilà notre mot sur la chose, à Charlotte et à moi, puisque bien sûr, on a appris tout ça ensemble, elle et moi… Et excusez la longue tirade qui suit, c’est pas moi, c’est elle…

    Toutes les deux donc, depuis notre assez tendre vie, faisons toujours pipi debout dans les toilettes publiques – d’ailleurs, les lignes de ‘vy auraient pu être les nôtres, au mot près. D’abord, viser juste est certainement l’art ultime du jaillissement accompli en lieu public. Besoin de solides muscles jambiers? Absolument. Pour ce qui est du coup de départ, dans mon cas plus que dans celui de Charlotte… qui semble plus habile à la chose, ou peut-être est-elle constituée différemment… bref, pour le coup de départ, il se doit d’être un peu retenu puisqu’on ne sait jamais trop, le féminin étant ce qu’il est, de quel côté partira la première giclée… une fois la chose sous contrôle, on relâche le tout pour vivre à fond la libération… Et je dois remercier ici le petit bout de papier qui s’avère parfois nécessaire pour l’épongeage environnemental des quelques rebelles qui n’ont pas trouvé le chemin assez vite dans leur vie de gouttes. Comme l’a dit Khalil… vos enfants ne sont pas vos… bref, vous voyez ce que je veux dire.
    Pour ce qui est du numéro suivant, qui demande une tout autre gymnastique, pour celui-là donc, au privé, ça va, Charlotte et moi y trouvons toutes les deux notre part de jouissance. Pour l’idée du même mouvement mais ailleurs, j’aime mieux pas y penser ni trop en parler. Ce type de séance ne se produit de toute manière que très peu dans nos vies, puisque comme la plupart de nos congénères, nous préférons grandement la chaude solitude de la maison et programmons temporellement nos corridors de manière assez concluante. Pour ce qui est de la porte laissée entrouverte, c’est aussi notre style, à Charlotte et à moi… et personne ne s’en plaint trop…
    Enfin, pour bien vider la question, je me dois d’ajouter quelque chose… Et je vous saurais gré, Francis, d’en faire part à Sizif, au cas où un jour il se pointerait chez moi – on sait tous qu’un pisseur averti en vaut deux, n’est-ce pas? Bref, vous direz à Sizif que déjà dans ma jeune vingtaine, j’expliquais à mes invités que chez moi, il n’y a qu’une seule et unique règle, une seule et unique dis-je, et cette règle n’a jamais changé… tout le monde, sans exception, est tenu de s’assoir pour faire pipi. NOTA BENE – C’est d’ailleurs comme ça que j’ai su que j’avais enfin trouvé l’homme de ma vie… j’aurais pu ne rien lui dire quand il est venu chez moi la première fois… monsieur mon homme s’assoit toujours pour redonner son dû, aussi liquide ft-il (pas lui mais le dû), à la Terre. Sauf dans les toilettes publiques, évidemment.

    Encore une fois, bravo Francis, pour ce regard posé si lestement sur la vie ordinaire de Sizif. Cet homme est humain, c’en est remarquable.

    Aimé par 1 personne

    1. Je préviendrais Sizif, promis, Caroline… Merci pour ces doubles confidences. Ô combien les femmes sont plus disertes, plus fines et moins dédaigneuses sur ces choses de la vie… Cette aventure de Sizif le met bien en exergue dans les réactions presque opposées de la plupart des lecteurs…

      Aimé par 1 personne

    2. Dites, Caroline, votre homme, ce ne serait pas le mien par hasard ? Car en ce qui concerne la position assise, il n’en fait pas tout un plat non plus ! C’est comme ça depuis toujours. J’ai aussi appris à mes garçons à faire la même chose sinon tous les murs et les planches étaient baptisés, non mais ! A présent que je ne suis plus là dans la vie de mes garçons, ils sont redevenus des sauvages ! Pas mon mari, heureusement !

      Aimé par 2 people

  2. Une amie me disait que s’accroupir dans la nature pour uriner était une manière de se brancher à la terre, à son énergie. Nous sommes des usines à digérer, à assimiler et à éliminer , pas seulement les nourritures terrestres mais aussi intellectuelles, perceptives, émotionnelles. Et nos intestins pourraient nous en apprendre sur notre rapport au corps et à ce qu’on produit. C’est à anal – yser ! 😉

    J'aime

  3. Bon jour,
    Bel article sur le sujet.
    D’ailleurs, cela me rappelle un livre lu il y a quelques mois : « Le charme discret de l’intestin ». Un livre absolument incontournable et donc à lire. 🙂
    Puis, à vous lire, je pensais aux malades atteints de MIC (Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) et à la maladie Crohn.
    En tout cas merci à vous. 🙂
    Max-Louis

    J'aime

  4. Ah ben BRAVO et merci Francis d’aborder ce sujet (avec humour et naturel comme d’habitude) sujet le plus TABOU qui soit dans notre société, quand les comportements, propos ou images abjectes nous cernent de toutes parts sans plus nous étonner, mais un petit pet, voilà qui cloue et choque l’assemblée en général!
    Tiens je me dis par exemple qu’un couturier qui voudrait se faire remarquer pour accrocher son publique, plutôt que de faire défiler des déguaines crash, seins à l’air ou que sais-je quoi, si ses mannequins déambulaient en faisant un petit pet à chaque pas, ce serait rigolo, plus humain, et je suis sûre qu’il ferait UN TABAC!!! (j’déconne)
    Et moi aussi, une fois à Beaubourg, j’ai fait pipi sans m’assoire sur les toilettes (c’était plutôt caca boudin) m’amusant à faire un maximum de bruit et quand je suis sortie on me regardait de travers…! Ben quoi?

    Aimé par 1 personne

    1. J’approuve. Et je remarque, comme c’est étrange, que les lecteurs se font plus discrets sur ce sujet que les lectrices, du moins dans les commentaires. Ce qui ne m’étonne qu’à moitié, d’ailleurs. La femme est souvent plus audacieuse et plus libre dans son rapport avec son intimité.

      J'aime

  5. C’est un sujet d’importance! On demande bien si « tout va bien » à quelqu’un que l’on croise (si on le connaît un peu).
    J’avoue de jamais avoir penser avant de lire ce billet à la vulnérabilité, qui est à mes yeux désormais évidente! Surtout avec cette illustration tres convaincante !!!

    J'aime

    1. Merci Emilie. Pour avoir la preuve de cette vulnérabilité, il suffit de tenter l’expérience dans une forêt (bien choisir ses feuilles d’arbres auparavant, qu’elles ne soient pas urticantes…). On se rend alors compte qu’on reste à l’affut.

      Aimé par 1 personne

  6. Je dois dire que le 1er avril, c’est un beau sujet…la sortie de son appât;-)…
    Quand un enfant défèque, il est très fier de le montrer mais quand il tire la chasse ça peut être une angoisse car c’est un peu de lui qui part! Comme quoi!!! Belle journée

    J'aime

  7. Mais il n’en a pas toujours été ainsi! Notre usuel « comment vas-tu? »serait issu des temps médiévaux où l’on s’enquérait de la qualité essentielle de nos défécations, ce qui atteste de notre bonne santé. Un livre est consacré a ce sujet, il me semble.

    Aimé par 1 personne

  8. — Je me dois d’ajouter quelques précisions à cet article très masculin, même si je dois me mouiller un peu (ceux que ça dérange n’ont qu’à lire ailleurs). Tout comme Sizif je n’aime pas utiliser les toilettes publiques, mais il faut bien en passer par là, parfois. Le principe étant de ne jamais s’assoir, c’est évident, d’ailleurs un retour aux toilettes à la turc serait plus hygiénique… Donc, nous les filles avons un désavantage par rapport aux garçons, même s’il existe maintenant le cornet à pipi pour que nous puissions pisser debout (je n’ai jamais utiliser, peut-être l’une d’entre vous pourrait-elle témoigner ?) : http://www.seronet.info/billet_blog/le-gadget-qui-permet-aux-femmes-de-faire-pipi-comme-un-homme
    Donc, la position, avoir de bonnes jambes aident pour trouver la bonne hauteur, la bonne distance, pour éviter les éclaboussures, pas se pisser dessus. Tout un art, messieurs, sachez-le. Vous pouvez être admiratifs ! Ensuite, un certaine bonheur, celui de se soulager, je suppose que c’est le même pour les deux sexes, puisque c’est la vessie qui se réjouit. Mais il y a la vue aussi, et selon la lumière des toilettes ce peut être très beau, l’impression que la lumière coule de son corps, n’appelle-t-on pas ça une pluie dorée ? Voilà, ce qui se passe dans les toilettes des femmes. Ah, une autre chose, même pour uriner, il nous faut toujours vérifier qu’il y a du papier dans le distributeur…
    — En privé, tout comme Suzon, j’oublie souvent de fermer la porte et tout comme Sizif… on va s’arrêter là, je ne suis pas un personnage fictif, moi.
    — La fontaine de la Maison Rouge (que je n’ai pas encore vue) est magnifique et le gif lui fait honneur.
    — C’est drôle ma mère m’avait donné le même conseil que la tienne. De sages femmes !
    — Ah, et puis, j’ai trouvé, je pense, une photo des dernières vacances de Sizif, hier à l’expo ArtParisArtFair: https://lebocalivre.files.wordpress.com/2016/04/0316parisaf5948r.jpg
    – Pour ce qui est de la « position idéal à tenir sur une cuvette » nous en avons longuement parlé chez nous, sans toutefois changer nos habitudes, mais force est de constater que c’est un sujet très à la mode. Car, c’est tout un monde qui se cache derrière cet acte utile et nécessaire, celui de l’intestin, et donc je conseille la lecture d’un livre merveilleux : le charme discret de l’intestin. Notre deuxième cerveau tout de même, et pas le moindre, il pense souvent davantage que l’autre, celui qui se la pète dans les sphères supérieures. http://www.actes-sud.fr/catalogue/e-book/le-charme-discret-de-lintestin-epub
    Merci pour cet article fort libérateur, Francis.

    Aimé par 6 people

    1. Merci ‘vy pour ce point de vue féminin que j’espérais de plusieurs d’entre vous comme c’est le cas pour l’instant… Impossible pour moi comme pour Sizif de parler en votre nom dans le cas présent. Nous n’aurions pu que caricaturer ou tomber dans l’a-peu-près. Je vais jeter aussitôt un œil sur les deux liens…

      J'aime

      1. Je peux apporter deux autres petits témoignages. Je suis allée à un spectacle un jour, il n’y avait pas de lumière dans les toilettes qui étaient commun hommes femmes, il fallait donc laisser la porte entrouvertes pour y voir un peu. Ce fut le blocage assuré, hors du privé j’ai besoin de mon intimité.
        Une autre fois, c’était dans un musée, j’étais avec un ami, nous étions les seuls visiteurs, le désert. Nous allons aux toilettes qui n’étaient séparés que par une fine paroi, comme je ne m’assoie pas je fais autant de bruit qu’un homme, et mon ami qui y va de ces observations, nous avons eu une crise de rire dans les toilettes, difficile alors de pisser droit. Enfin, bon, tu le dis à personne, hein.

        Aimé par 3 people

          1. Un jour j’ai vu ça dans une maison, je n’ai pas osé les essayer… j’ai eu peur de pas savoir m’en servir et je n’ai pas osé demander comment ça fonctionnait. Sûr qu’il aurait s’agit d’une machine à café, j’aurais demandé. On a de ces pudeurs parfois…

            J'aime

  9. oui oui ça me paraît un peu court, il y en aurait à dire sur le papier, sa qualité ou non, l’encrottage de la cuvette (ouh la triviale) et son nettoyage, la musicalité du pet ou non et j’en passe ;o)

    J'aime

    1. Cela laisse ainsi la place pour les lecteurs d’y ajouter leurs impressions et leur avis… Je me donne toujours des contraintes, entre autres de longueur. Mais vous avez raison même si je m’efforce de mettre avant tout l’accent sur nos attitudes dans ces aventures ordinaires.

      J'aime

  10. Sacré Sizif. Voilà un mec qui ne recule devant aucune réflexion sur la condition humaine. Et il a bien raison car le travail de l’en-deçà est directement proportionnel à celui de l’au-delà. Tenez, quand nous partons en vacances, (les filles se sentiront peut-être concernées), plus rien ne fonctionne : on est bloquées, nous. Forcément, on doute ! Et le doute, ça bloque. On doute des commodités, de la propreté, de la disponibilité, bref, on doute de la sympathie des lieux à notre égard et là, on se retient et on attend des jours meilleurs. ca pose de sérieux problèmes parfois, je vous le dis !

    Aimé par 2 people

    1. Merci Anne, sujet délicat mais acte quotidien qu’on ne pouvait pas, Sizif et moi , éviter, quitte à perdre en route quelques lecteurs. Il nous rappelle plus qu’un autre, comme vous le suggérez avec drôlerie à une certaine humilité.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s