L’extérieur nuit n’est pas toujours sombre

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Ai wei wei (se prononce ouille non non)

Lorsque j’ai ouvert ce blog, il y a un peu plus d’un an, j’étais dans une période de ma vie ou j’avais l’impression de tourner en rond dans mon inspiration et dans mon travail même de scénariste-réalisateur. Je ressentais le besoin de chercher, d’ouvrir des portes, d’aborder d’autres genres et d’autres univers, d’explorer d’autres facettes de l’écriture que j’avais mis de côté depuis longtemps.

J’avais aussi le désir de créer un espace de liberté sans contrainte, sans souci de convaincre, de vendre ni de rentrer dans un cadre précis. Ce blog m’a permis également de trier des poésies et nouvelles écrites ces trente dernière années, dont certaines avaient été publiées dans des revues, pour les faire revivre, élargir leur audience et recevoir les impressions de lecteurs d’aujourd’hui.

Le titre de cet article fait écho à mon premier : « L’intérieur jour n’est pas toujours clair« . Comme si la boucle était bouclée. Elle ne l’est pas tout à fait. Rien ne se boucle jamais. Disons que les motivations et la nécessité qui m’ont incité à ouvrir ce blog ont été en grande partie assouvies, et mes attentes dépassées. J’ai depuis publié sur ce site plus d’une centaine d’articles, dont un roman, une trentaine de nouvelles, des poésies anciennes ou récentes, des chroniques sur des sujets de prédilections, à savoir l’art, l’autisme, le cinéma, la littérature, et une série de douze épisodes sur les actes quotidiens autour d’un personnage créé pour l’occasion, Sizif.

Cela m’a aussi permis de partager, d’échanger, de découvrir des talents, des artistes, des auteurs, des poètes, des œuvres de qualité, de m’aérer les yeux, les sens et l’esprit, comme de nouer quelques relations amicales.

Maintenant, la blogosphère m’apparait aussi, comme tout milieu, fonctionner en vase clos, entre blogueurs en grande majorité. C’est un grand vase, certes, un beau vase accueillant, pas tout à fait clos non plus, mais dans lequel malgré tout on peut finir par se sentir à l’étroit. C’est du moins mon cas. En ce sens que la portée d’un blog est moins ouvert qu’il ne semble de prime abord, les lecteurs étant pour la plupart d’autres blogueurs et non des visiteurs internautes. Il s’agit d’un microcosme virtuel, donc avec ses us et coutumes,  avec ses non-dits et ses rivalités, affichées ou non, son esprit enthousiaste ou comptable, sa tendance à l’immédiateté, à la facilité, aux billets périssables, victime du syndrome du papillon, au système de clans inhérent à toutes formes de vie sociales, à toutes communautés ou tribus (voir Yes Man’s Land) dont la monnaie d’échange en l’occurrence et selon certains, serait le like et l’abonnement un contrat réciproque tacite.

« Jamais je ne voudrais faire partie d’un club qui accepterait de m’avoir pour membre. » Adage de Groucho Marx que je fais mien.

Les tentations étant grandes, ma gourmandise effrénée et l’audience de mon blog s’élargissant, je me suis rendu compte que j’en arrivais à passer plus de temps à lire des blogs qu’à écrire le mien ou ouvrir un livre, jusqu’à ressentir une forme de lassitude qui se muait sournoisement en une forme d’obligation. Enfin, des projets professionnels se précisent, réclamant une attention plus soutenue de ma part. Je vais donc réduire ma consommation de blogs, d’abonnements comme de commentaires, après une coupure totale entamée depuis plusieurs jours, et pour une durée indéterminée sans pour autant abandonner tout à fait cette « revue des moments perdus » qui me procure tant de plaisirs, grâce aux messages, à la fidélité et à la bienveillance de beaucoup d’entre vous.

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Pour ceux et celles qui voudraient poursuivre la visite de l’exposition Céramix au musée de la céramique de Sèvres, après celle de la Maison Rouge de Paris, (évoquée ici : Regard sur des visages. Ou là : « les oiseaux dans le bocal« ), rendez vous sur la page « moments secrets« . Le mot de passe est le prénom de la femme de Sizif, avec la majuscule. La célèbre photo (discutable) de l’artiste Ai Wei Wei brisant un vase antique de grande valeur, ainsi que celles du diaporama ci-dessus (toutes retraitées par mes soins) illustrant cet article, font partie de cette exposition.

Capture d’écran 2016-01-02 à 21.10.07

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Publié par

Francis Palluau

Scénariste, auteur, réalisateur, professeur, consultant touriste sédentaire.

73 réflexions au sujet de “L’extérieur nuit n’est pas toujours sombre”

  1. Je comprends qu’on puisse traverser des périodes de lassitude – moi-même avec mon blog j’ai connu des périodes creuses depuis presque quatre ans !
    J’espère que ce passage dans la blogosphère vous laissera un bon souvenir et que, peut-être vous y reviendrez 🙂
    En tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire vos articles !

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  2. A tout à coup
    ici ou là
    bonne respiration
    et merci pour tout ce que tu as donné ici

    [Je pense utiliser en classe
    comme déclencheur d’écriture poétique
    le principe des mots sur panneaux
    contrainte oh combien productive
    quand on regarde ce que cela à donné comme récolte ici même.]

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